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 A Ranger ( Diplomatie )

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jessilisa

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Messages : 253
Date d'inscription : 18/10/2011

MessageSujet: A Ranger ( Diplomatie )   Sam 6 Avr - 0:23

Devoir 1
20% de la note
À remettre par MP au plus tard le lundi de la 4e semaine, à 23h59


Questions courtes - 6 points

1. Quels sont les deux sens généralement donnés au mot diplomatie?
1er sens :
Diplomatie : La diplomatie est l'art de dire les choses sans froisser son interlocuteur. La négociation fine, faite avec doigté, intelligence et tact.
2ème sens :
Diplomatie : La diplomatie désigne également l'ensemble des relations entre les États. Elle englobe donc notamment les affaires étrangères, la représentation d'un gouvernement en sol étranger, les négociations entre pays et la signature d'ententes formelles

2. Quel est le principal pouvoir du diplomate?
Le diplomate oeuvre le plus souvent en coulisses, là où circule l'information et s'exerce son influence.
Ainsi si le diplomate représente son gouvernement et lui sert d'intermédiaire avec les autres gouvernements, ce n'est pas à lui de prendre les décisions politiques. Néanmoins, il reste que le diplomate a un certain pouvoir que lui confère sa position de négociateur et d'intermédiaire: selon sa façon de présenter les choses, il pourra influencer les décisions prises par le gouvernement.

3. Quelle est la différence entre le politicien et le diplomate?
Pour réussir en politique, il faut se montrer passionné afin de rallier le peuple dans un projet commun qui transcendera les vulgaires intérêts individuels. C'est tout l'opposé de la diplomatie, où le sang-froid et la modération dans les propos sont de mise, et où toute passion est à proscrire. Tandis que le politicien doit enflammer les foules, le diplomate doit rester sobre, posé, prudent. Il ne lui est pas permis de perdre son flegme.

4. Quels sont les deux principes de la souveraineté?
On reconnaît généralement deux principes à la souveraineté
D'abord,Cujus Regio, Ejus Religio: telle la religion du roy, telle celle du pays.
C'est le chef d'État qui décide et lui seul a la légitimité pour le faire. Il possède l'autorité exclusive sur son territoire, même s'il peut s'entourer de conseillers qui auront plus ou moins d'influence, selon les cas.
Ensuite, Rex Est Imperator In Regno Suo: le roy est empereur en son royaume.

5. Le vassal de mon vassal est-il mon vassal?
"le vassal de mon vassal n'est pas mon vassal". Autrement dit, les personnes soumises à l'autorité de mes vassaux ne me doivent rien directement, à moi. Il en résulte que le vassal est souverain à l'intérieur de ses terres (rappelez-vous, Cujus Regio, Ejus Religio: telle la religion du roy, telle celle du pays)
6. Une déclaration de guerre est-elle la fin de la diplomatie?
La guerre n'est pas la fin de la diplomatie. C'est au diplomate que revient le devoir de limiter les dégâts en continuant de plus belle les négociations de cessez-le-feu et éventuellement la signature d'un traité de paix.


Mise en situation - 4 points

Le duc de Machin renie son serment d'allégeance au Roy et déclare l'indépendance de son duché. Le Roy lève l'Ost contre le duché Machin. Le baron X, anobli dans le duché Machin, participe à la défense contre l'Ost royal. Ce baron est également Chancelier de Machin; sur les ordres de son duc, il négocie avec succès une alliance militaire avec le comté Truc, qui vient alors en aide au duché Machin contre l'Ost.

1. Le Roy est furieux et décrète que le baron X est félon à la Couronne. A-t-il raison? Pourquoi?
Non le baron est le vassal du duc qui est donc son suzerain. Les personnes soumises à l'autorité du Duc ne me doivent rien directement au Roy. Le baron doit donc loyauté et assistance qu'au duc, et non au Roy.
2. Le Roy est toujours furieux et décrète que le comte de Truc est félon à la Couronne. A-t-il raison? Pourquoi?
Oui car le Duc a pour suzerain le Roy. Il se doit donc d’être loyal envers son suzerain le roy.

Question à développement - 10 points

D'après ce que nous avons vu en classe jusqu'ici, choisissez une province et dites en quoi elle est un État et qui est son chef d'État. Expliquez ensuite sur quoi s'applique sa souveraineté et quelles sont les limites de cette dernière.

[ Bon là ,je m’excuse mais vu que je n’ai vu que le DR étant champenois ,je vais faire des suppositions…qui ne seront que conjectures]
J e vais prendre le cas d’une province française lambda qui n’est pas dans le royaume de France. (Limousin)
Les Provinces de la Couronne de France : dont les Ducs et Comtes en exercice ont une investiture qui est validée par l’aval du Roy garant de l’unité du Royaume. Ces Provinces ne sont pas possessions Royales et ont choisi de se placer sous la bannière de la Couronne du Royaume de France.
Son chef d’état est le duc ou le comte .Cependant, celui a comme limite l’article suivant
(Article I : des statuts du royaume de France)
Des compétences des provinces du domaine royal et des provinces de la couronne. Les provinces du domaine royal et les provinces de la couronne possèdent les compétences résiduelles. Note : Cela signifie que si une compétence n’est pas explicitement donnée à une institution royale, elle est, de fait, octroyée aux provinces.
Donc le duc est souverain sur son territoire, mais les compétences des provinces ne sont que celle que n’a pas le roy. En ce sens il est limité.
Cependant, si celui-ci est souverain car sa population est soumise à ses lois, il n’en demeure pas moins vassal du roy. De plus en cas de jugement qui ne conviendrait pas à une personne , celle-ci peut faire intervenir la cour d’appel des royaumes.






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jessilisa

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MessageSujet: Re: A Ranger ( Diplomatie )   Sam 6 Avr - 0:26

Cours de diplomatie

Semaine 1

1. Rencontre des étudiants et présentation du plan de cours
2. La diplomatie: ce que c'est, ce que ce n'est pas
Semaine 2
Annonce du premier devoir: 20% de la note

3. Les concepts de base:
• L'État
• La souveraineté
Semaine 3

• La vassalité
• La paix, la guerre

Semaine 4
Remise du premier devoir
Annonce du deuxième devoir: 20% de la note

4. Le diplomate:
• L'ambassadeur et le chancelier
• Les devoirs et obligations
Semaine 5

• La personnalité d'un bon diplomate
• Le réseau de contacts

Semaine 6
Remise du deuxième devoir
Annonce du troisième devoir: 20% de la note

5. Les outils législatifs du diplomate:
• Le traité
• La déclaration
• La charte
Semaine 7

• Les traités les plus courants
• Analyse de quelques textes

Semaine 8
Remise du troisième devoir

6. Tour d'horizon des principales institutions diplomatiques
Semaine 9

7. Révision et période de questions
Semaine 10

8. Examen final: 40% de la note

La diplomatie: ce que c'est, ce que ce n'est pas
Introduction
Bien sûr, au sens large, la diplomatie désigne l'ensemble des relations entre les États. Elle englobe donc notamment les affaires étrangères, la représentation d'un gouvernement en sol étranger, les négociations entre pays et la signature d'ententes formelles. En outre, si nous considérons le sens plus générique du mot, comme plusieurs d'entre vous l'avez fait, la diplomatie est également l'art de dire les choses sans froisser son interlocuteur. La négociation fine, faite avec doigté, intelligence et tact.
La diplomatie est intimement liée à la politique en ce sens qu'il s'agit d'une branche des sciences politiques; les deux domaines vont de pair selon l'actualité et leur action sur le judiciaire. Aussi, dans ces deux sphères, l'essentiel de l'énergie est dépensée à séduire l'autre pour tenter d'en obtenir quelque chose.

Toutefois, la diplomatie n'est pas la politique, loin de là. Et il importe que vous en fassiez la distinction
Pour réussir en politique, il faut se montrer passionné afin de rallier le peuple dans un projet commun qui transcendera les vulgaires intérêts individuels. C'est tout l'opposé de la diplomatie, où le sang-froid et la modération dans les propos sont de mise, et où toute passion est à proscrire. Tandis que le politicien doit enflammer les foules, le diplomate doit rester sobre, posé, prudent. Il ne lui est pas permis de perdre son flegme.

La diplomatie n'est pas non plus un loisir de fanfarons qui pourraient croire qu'il s'agit du chemin le plus court vers la gloire facile. Par la male heure, la profession est peuplée d'une myriade d'ambassadeurs et même de chanceliers ignares, incompétents et arrogants qui n'ont aucune idée de ce qu'ils font. Ceux-là n'ont à l'esprit que les jolis titres vides annoncés par les huissiers quand ils font leur entrée dans les salons poudrés. Ils ne sont pas dignes de porter le nom de diplomates.
Le vrai travail d'un diplomate se fait dans l'humilité de l'ombre, loin des vivats des foules. S'il fréquente parfois les plus grands parmi les grands, là n'est pas l'essentiel de son office. Le diplomate oeuvre le plus souvent en coulisses, là où circule l'information et s'exerce son influence.

Son entreprise est noble mais trop souvent méconnue: il est en effet bien difficile de compter les guerres qui, grâce à lui, n'ont jamais eu lieu. C'est pourquoi le métier peut également sembler ingrat aux chasseurs de gloire. Le diplomate ne recherche pas les honneurs: il trouve plutôt son bonheur dans la paix innocente de ses compatriotes.

Un diplomate doit peser ses moindres paroles, car elles peuvent avoir des effets considérables, autant positifs que négatifs. Une attitude légèrement agressive, voire un mot déplacé peut parfois même être le déclencheur d'un conflit armé qui autrement aurait pu être évité si la prudence avait été observée. Ce n'est donc pas un métier pour les tempéraments sanguins prompts à s'emporter
La diplomatie n'est pas le contraire de la guerre. Et prétendre qu'un conflit armé représente nécessairement l'échec de la diplomatie n'est pas faux mais tout de même un peu simpliste. Nous verrons plus tard pourquoi.

Certes, comme je le disais à l'instant, si nous considérons le sens plus générique du mot, la diplomatie est l'art de dire les choses sans froisser son interlocuteur. La négociation fine, faite avec doigté, intelligence et tact.

Par ailleurs, la diplomatie désigne également l'ensemble des relations entre les États. Elle englobe donc notamment les affaires étrangères, la représentation d'un gouvernement en sol étranger, les négociations entre pays et la signature d'ententes formelles.

Il y a donc deux sens généralement donnés au mot diplomatie.
Les diplomates sont souvent des gens incompris et quelqu'un qui aspire à le devenir doit s'attendre à passer une partie de son temps à justifier son travail aux yeux de ses collègues issus d'autres domaines, notamment les militaires.

Cela peut sembler une perte de temps, compte tenu qu'un diplomate sérieux n'a vraiment pas que cela à faire... cependant, il est primordial que le conseil ait à tout le moins une connaissance partielle du rôle du diplomate au sein de son gouvernement. Il en va de la cohérence des gestes posés collectivement et, partant, de l'efficacité des politiques mises en place en matière de relations extérieures. En fait, le minimum à espérer est que les autres conseillers ne viennent pas saper le travail du diplomate!

Bien entendu, la compréhension des autres conseillers sera meilleure si l'ambassadeur fait correctement son travail, notamment en rédigeant des rapports détaillés sur les provinces où il est affecté. Ces détails peuvent aller des groupes religieux aux relations entre les grandes familles, en passant par les groupes de mercenaires et les institutions politiques. Comme nous le verrons plus en détail ultérieurement dans ce cours, le travail de l'ambassadeur va beaucoup plus loin que simplement recopier la composition des conseils et envoyer un traité de coopération.

Il est par exemple essentiel d'avoir quelques notions militaires pour comprendre les mécanismes de la guerre - et de la paix. En particulier, il faut saisir avec précision quelle est la situation de son pays par rapport à celle des autres: forces militaires comparées, situation géographique et alliances diverses, par exemple. Toutefois, nul besoin d'être un militaire pour apprendre à analyser tout cela. Il est par ailleurs inutile au diplomate de savoir comment mener un siège ou prendre un château.

Certains membres d'un conseil étant des militaires ou des juristes, pourquoi établir des traités de reconnaissance d'ambassade ou autres? Pourquoi pas tout simplement entretenir une franche amitié? La question est pertinente et vous sera certainement posée au cours de votre carrière diplomatique. Pourquoi s'encombrer d'une multitude de textes quand l'important est d'avoir de bonnes relations? Nous verrons plus tard quelle est l'utilité de ces textes, et quelles sont les variantes qui sont à la portée du diplomate.

Comme je le disais plus tôt, le diplomate représente son gouvernement et lui sert d'intermédiaire avec les gouvernements d'autres contrées. En outre, ce n'est pas à lui de prendre les décisions politiques. Néanmoins, il reste que le diplomate a un certain pouvoir que lui confère sa position de négociateur et d'intermédiaire: selon sa façon de présenter les choses, il pourra influencer les décisions prises par le gouvernement.

Son pouvoir, c'est l'information. Rappelez-vous en: c'est la clef de tout le reste.

Cependant, je n'irais pas jusqu'à dire que le diplomate ne peut prendre aucune décision... En fait, il doit savoir très exactement de quelle latitude il dispose. De façon générale, seules les décisions importantes, telles que la signature d'un traité, sont l'apanage du gouvernement. Pour le reste, à savoir la gestion de son emploi du temps, sa façon d'aborder ses homologues et son choix de contacts, par exemple, sont laissés à sa discrétion. C'est en fait là, dans l'accomplissement quotidien de son travail, qu'il pourra se démarquer et asseoir son influence.

En outre, lorsqu'il s'agit d'un chancelier, il fait généralement partie du conseil de sa province et, de ce fait, participe à la prise de décision.
il faut donc beaucoup de renseignements sur les états, sur les personnes en poste à un diplomate, et je ne veux rabaisser nullement ni son « instinct » à deviner les choses, ni sa faculté à saisir ce qui est habituellement caché aux yeux de la population, mais a-t-il des aides pour s’informer de tout les tenants et les aboutissements d’une situation qu’il doit faire évoluer positivement ? »

Le diplomate doit donc se montrer lui-même plein de ressources: savoir où aller chercher l'information dont il a besoin, entretenir des relations personnelles qui lui permettront d'obtenir conseils et confidences utiles et aussi observer soi-même les événements pour en tirer des conclusions pertinentes.

L’Etat :La base
Au cours de l'Histoire, à travers leur évolution de la barbarie à la civilisation, nos sociétés se sont érigées en États. Elles se sont organisées, se sont appropriés des territoires, ont tracé des frontières et établi des lois.

L'État, c'est cela. Un territoire défini par des frontières plus ou moins stables, et à l'intérieur duquel la population est ordonnée selon une certaine structure institutionnelle. Il y a des armées, des vallées, des routes, des monts, des juges, des rivières, des prisonniers, des villes, des badauds, des conseillers, tout un ensemble d'éléments qui n'ont en soi aucun lien sauf l'unité qu'on lui attribue dans notre esprit. Personne ne voit l'État en tant que tel, mais tout le monde sait qu'il s'y trouve.
Cet amalgame insaisissable, qui n'est en fait qu'un concept, s'incarne dans une personne qu'on appelle le chef d'État. Ainsi, du fait de son statut social, on peut "voir" l'État dans le chef d'État, car il représente l'unité des éléments qui constituent la société. Il s'agit d'un comte, d'un duc, d'un roy, d'un empereur: l'individu qui dirige un territoire. Le chef d'État décide des lois et des règles qui s'appliqueront à l'intérieur de son territoire afin d'assurer l'ordre dans sa population.

Ce qui m'amène tout naturellement à vous parler déjà de souveraineté.
En effet, cette autorité du chef d'État tient du fait qu'il est "souverain" en son territoire, avec quelques nuances
On reconnaît généralement deux principes à la souveraineté
D'abord,Cujus Regio, Ejus Religio: telle la religion du roy, telle celle du pays.
C'est le chef d'État qui décide et lui seul a la légitimité pour le faire. Il possède l'autorité exclusive sur son territoire, même s'il peut s'entourer de conseillers qui auront plus ou moins d'influence, selon les cas.
Ensuite, Rex Est Imperator In Regno Suo: le roy est empereur en son royaume. Nous verrons les nuances la semaine prochaine mais pour l'instant, rappelez-vous que l'État ne connaît aucune autorité au-dessus de lui, mais reconnaît généralement les autres États comme ses égaux. Autrement dit, il reconnaît aux États voisins le droit d'exister et traite avec eux en respectant leur souveraineté, c'est-à-dire sans s'ingérer dans leurs affaires. Vous me suivez? Tout cela signifie également qu'un État peut décider de ne pas reconnaître la souveraineté d'un autre, soit en s'ingérant dans les affaires de l'autre, soit en niant carrément son droit d'exister.

Etude de cas
- Vous avez raison! Le cas de Calais illustre bien l'idée de souveraineté, bien qu'il ne s'agisse pas d'un État. Calais se considère indépendante de l'Artois, et donc souveraine. L'Artois, de son côté, nie cette souveraineté; les Artésiens disent plutôt que Calais appartient à l'Artois. L'idée ici n'est pas de décider qui a raison ou tord; il s'agit seulement de comprendre le fait qu'une entité déclare une souveraineté que d'autres lui refusent.
- En fait, il y a d'innombrables exemples de ce que je vous ai exposé. Prenons le cas du nœud de Montreuil-Belllay: la guerre entre le Poitou et l'Anjou. Ce nœud, situé en Anjou, a été pris à un moment donné par le Poitou pour différentes raisons, ce qui a déclenché une guerre entre les deux provinces. Que ces raisons soient bonnes ou mauvaises, là n'est pas la question. Comprenez-moi bien, je ne porte aucun jugement de valeur sur ces événements. Je ne fais que constater un fait: en posant ce geste, le Poitou a nié la souveraineté de l'Anjou sur ce nœud. Il l'a pris, il a décrété qu'il était à lui et y a installé des armées. De son côté, l'Anjou a tout fait pour le récupérer, car il se considérait souverain sur ce nœud.

Si on revient au cas de la Bretagne, nous avons aussi vu une négation de sa souveraineté mais la situation diffère en ce sens où la vassalité entre en compte. Nous verrons cette notion la semaine prochaine. Pour l'instant, je vous rappellerai que la Bretagne a déclaré être entièrement souveraine et ne reconnaître aucune autorité au-dessus d'elle. Le Roy de France lui a nié cette souveraineté et une longue et sanglante guerre s'en est suivie.
Je pense que vous commencez à saisir ce qu'est la souveraineté; toutefois, attention à ne pas vous éparpiller dans les concepts. Ici, on parle d'États et de relations entre eux. Le brigandage n'est en soi pas une question d'ingérence d'un État à l'autre, sauf s'il est secrètement utilisé par un pour déstabiliser l'autre, ce qui est possible, bien sûr. En ce qui concerne le cas évoqué ici, par contre, je ne saurais me prononcer à ce propos.

Ne vous inquiétez pas si vous n'êtes pas trop au courant de tous ces cas d'actualité ou d'histoire. Pour bien performer en diplomatie, il vous faudra évidemment vous renseigner sur ces choses... mais pour les besoins du cours, je vous demande seulement de comprendre et retenir ce que c'est qu'un État et ce qu'on entend par souveraineté.
Justement, une nuance importante est à apporter à ces concepts présentés précédemment. En nos collectivités féodales, la cohérence sociale tient à une hiérarchie sacrée, un lien si fort qu'il fait tenir ensemble les êtres humains au sein de la civilisation, par opposition aux peuplades barbares qui vivent à l'état sauvage au-delà de notre monde connu.

Au départ, le grand seigneur et son vassal ont été liés par la cérémonie de l'hommage. Le seigneur confie ainsi à son vassal des terres, appelées fief, et lui promet protection; en échange, le vassal doit assistance, loyauté et conseil à son suzerain. Et c'est là que vient se modifier la notion vue plus tôt, car si on considère à bien des égards que le fief est un État et que la personne à la tête de ce fief est en quelque sorte le chef d'État, il ne faut pas oublier que cette personne est vassale de quelqu'un d'autre, c'est-à-dire soumise à son serment envers son suzerain.
Vous aurez compris qu'on appelle suzerain celui qui a reçu l'hommage et vassal celui qui l'a donné. Je vous prie de faire attention à bien distinguer les mots "suzerain" et "souverain"
Toutefois, il est important de préciser la règle suivante en féodalité: "le vassal de mon vassal n'est pas mon vassal". Autrement dit, les personnes soumises à l'autorité de mes vassaux ne me doivent rien directement, à moi. Il en résulte que le vassal est souverain à l'intérieur de ses terres (rappelez-vous, Cujus Regio, Ejus Religio: telle la religion du roy, telle celle du pays) mais que sa souveraineté externe (Rex Est Imperator In Regno Suo: le roy est empereur en son royaume) est limitée par le serment fait au suzerain.

Je sais que le tout peut sembler un peu compliqué de prime abord, mais en fin de compte, vous verrez que c'est relativement simple.
Prenez par exemple un duché français. À bien des égards, il s'agit d'un État: c'est un territoire délimité par des frontières plus ou moins stables à l'intérieur duquel vit une population structurée et soumise à certaines lois édictées par un chef d'État, le duc. Or, ce duc est à la fois souverain en son duché et vassal du Roy de France. Il peut donc mener son duché comme il l'entend tout en respectant son serment fait au Roy, ce qui limite, bien sûr, ses possibilités d'initiatives.

Vous remarquerez au passage que les vassaux du duc, par exemple les barons anoblis au sein du duché, ne sont pas vassaux du Roy. Ces barons ne doivent alors loyauté et assistance qu'au duc, et non au Roy. En France, l'ensemble des vassaux du Roy, c'est-à-dire les ducs et les comtes qui sont en poste à la tête des provinces, forment le groupe des Grands Feudataires.
Je vous ai raconté tout cela pour que vous compreniez bien dans quelle structure s'inscrivent les relations diplomatiques dans nos sociétés féodales. Ces précisions peuvent vous apparaître superflues mais croyez-moi, j'ai rencontré tant d'ambassadeurs qui n'y comprenaient en fait rien que j'estime essentiel d'en passer par là
En effet, Messire de Proisy, la particularité du Domaine Royal français tient à ce qu'il est assujetti directement au Roy. En ce sens, le chef d'État des provinces du Domaine Royal est le Roy, qui remet ensuite la gestion de ces provinces aux comtes et ducs élus. La nuance ne change pas grand chose au quotidien à part une influence plus directe du pouvoir de la Couronne dans les affaires de ces provinces. J'estime néanmoins important que vous sachiez qu'il existe une différence dans le statut du Domaine Royal par rapport à une autre qui serait simplement vassale.

Par ailleurs, je crois savoir que le Lyonnais-Dauphiné présente également une particularité à cet égard. Étant officiellement terre du Dauphin, c'est-à-dire l'héritier de Sa Majesté, le Dauphiné est dirigé par un gouverneur et non un duc ou un comte. Ce gouverneur a néanmoins les mêmes prérogatives et les mêmes pouvoirs.

À propos des devoirs mutuels du suzerain et de son vassal, l'engagement tient avant tout de l'honneur. Être félon est une infamie terrible qui souille un nom pour des générations.
Si par la male heur, un des deux vient à rompre son serment, l'autre peut en toute légitimité prendre des mesures pour le ramener dans le bon chemin ou tout simplement le punir de sa trahison.

S'il s'agit d'un vassal fautif, le suzerain peut demander l'assistance militaire de ses autres vassaux; il lèvera alors l'Ost, qui marchera contre le vassal en question.

Si le fautif est le suzerain, par contre, les recours du vassal sont moins évidents. Il peut demander l'appui des autres vassaux afin de faire pression sur le suzerain. Il peut également rompre son serment et se mettre sous la protection d'un autre suzerain. En théorie, par exemple, une province française vassale du Roy peut rompre son allégeance et aller prêter serment ailleurs, pourquoi pas au Sainct-Empire. Dans les faits, toutefois, cette province risque de se retrouver seule face à l'Ost royal, tandis que l'Empire refusera son allégeance par souci de préserver ses relations avec la France. Les recours du vassal sont donc plutôt limités.
Passons maintenant au dernier point dans les concepts de base: la guerre et la paix.

Pax Optima Rerum, voilà ma devise, celle que vous trouverez dans mon blason. Pax optima rerum, quas homini novisse datum est; pax una triumphis innumeris potior; pax, custodire salutem et cives aequare potens. La paix est la meilleure chose que l'humain puisse connaître; la paix est supérieure à un millier de triomphes; la paix a le pouvoir de garder nos vies et d'assurer l'égalité entre les citoyens.

La paix doit être l'idéal qui motive le diplomate. C'est sa grande mission.
Mais abandonnez tout de suite les idées romantiques qui courent généralement sur la question. La paix est précieuse, certes. Toutefois, la guerre peut être considérée comme tout à fait légitime en tant qu'outil ultime de l'État, nonobstant toutes les justifications possibles au cas par cas. Ce point de vue sera discuté dans l'année 3 du cours de diplomatie, lorsque seront abordées les différentes écoles de pensée dans les théories des relations entre les États.

Pour les besoins de ce cours-ci, je vous demanderai de vous rappeler que la guerre n'est pas la fin de la diplomatie. Au contraire! C'est au diplomate que revient le devoir de limiter les dégâts en continuant de plus belle les négociations de cessez-le-feu et éventuellement la signature d'un traité de paix. La diplomatie se doit d'être active et efficace en tout temps, quel que soit le statut des relations entre les États.

Autrement dit, si le diplomate doit avoir un idéal de paix, il se doit également de se montrer pragmatique dans son travail. Il ne pourra pas toujours permettre d'éviter les conflits armés mais selon sa compétence, son influence et sa capacité de négociation, il pourra très certainement contribuer à alléger les souffrances de la population.
Questions
Si je prend l'exemple du roi de France..celui ci ne peut donc exiger de devoirs de liens vassaliques aux vassaux de ses vassaux...puisque il n'est pas leur suzerain mais
A t-il un droit autre qu'il lui permette de se faire obéir, en tant que Roi ...bien qu'il ne soit pas leur suzerain directs...

Et cette vassalité ....de nos Comtes et ducs ...comment s'inscrit -elle dans le temps..lorsque ceux ci ne sont plus à la tête d'un Comté ou duché....le lien est il toujours valable.

Réponses
Excellentes questions! Le Roy mérite bien sûr le respect dû à son rang, qu'on soit son vassal ou non. Mais il n'a en fait aucun pouvoir direct en terme de vassalité sur les sujets de son royaume hors Domaine Royal.


En ce qui a trait aux comtes et ducs, ils ne sont vassaux du Roy que le temps de leur mandat à la tête de leur province. Quand vient le temps de leur retraite, ils reçoivent alors un fief et c'est au nouveau duc ou comte de leur province qu'ils prêtent alors allégeance, non au Roy.

Dame, pardon de revenir sur le serment de vassalité. Parlons clair le vassal fait il allégeance à la personne ou à la terre?
Votre question est fort juste et beaucoup de gens doivent assurément se poser la même. Bien que je ne prétende pas détenir la vérité absolue, je ne crois pas me tromper en vous assurant que c'est à la personne, et non à la terre, que vous faites le serment d'allégeance. Certes, l'État et le chef d'État sont deux éléments indissociables, mais dans le système féodal, un vassal est lié à un suzerain, et non aux terres de ce dernier.

Il en va de même pour vous lorsque vous renouvelez votre allégeance à chaque nouveau comte: selon les règles vassaliques, c'est à lui et à lui seul que vous devez votre allégeance, non au comté qui, en l'occurrence, sont ses terres le temps de son mandat. D'ailleurs, que vous ayez voté pour lui ou non, il incarne tout de même cette idée de comté et de ce fait, il devient indissociable de ce comté que vous chérissez.

C'est également le cas pour les Feudataires et le Roy de France. Même si Sa Majesté n'est pas présente au moment des allégeances, c'est bien lui qui reçoit les hommages à travers les hauts fonctionnaires qu'il délègue à cette cérémonie.

Tout cela peut sembler détails futiles, mais la nuance est de taille car cela implique qu'un vassal doit être loyal à son suzerain, c'est-à-dire la personne, et non l'État qu'il incarne. Tout comportement contraire, qu'il soit justifié ou non, relève de la félonie.
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jessilisa

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Date d'inscription : 18/10/2011

MessageSujet: Re: A Ranger ( Diplomatie )   Sam 6 Avr - 0:27

Devoir 2
20% de la note
À remettre par MP au plus tard le lundi de la 6e semaine, à 23h59


Questions courtes - 6 points

1. Quelles sont les deux obligations d'un diplomate?
Un diplomate est soumis à 2 obligations : celle de présence et celle d’information
2. Nommez trois qualités que doit avoir un diplomate.
Un diplomate se doit d’être :
- être calme
-Cultivé et intelligent
- avoir une bonne maîtrise de la langue du langage
- avoir une dose suffisante de caractère
3. Le poste de chancelier ressemble à quel autre métier?
Le rôle du chancelier est très proche de celui de chef des services secrets.
4. Quels sont les deux sens donnés au mot chambellan?
Soit le chambellan est le chancelier et s’occupe donc des relations extérieures. Soit le chambellan est le bras droit du chef d'État, celui qui le remplace en cas de besoin. (absence de celui-ci)


5. L'ignorance peut-elle être évoquée pour justifier une erreur?
NON. , car s'il est démontré que le diplomate aurait pu sans problème obtenir ces renseignements, il se rend également coupable d'avoir manqué à cette obligation
6. Un diplomate peut-il discuter ouvertement de son travail avec ses amis?
NON. il lui est interdit de divulguer certaines informations sous peine d'être accusé de haute trahison. Il a une obligation de secret.
En effet, le diplomate manipule des informations confidentielles ou sensibles au cours de son travail.

Mise en situation - 4 points

Messire Machin vient d'être nommé ambassadeur du duché X auprès de son voisin, le comté Y; il va donc se présenter à la chancellerie du comté Y pour y rencontrer son homologue. En même temps, le duché X déclare la guerre au duché Z, un autre voisin. Les motifs invoqués pour justifier cette guerre ne font pas l'unanimité ni dans le duché X, ni ailleurs.

1. Le chancelier du comté Y reçoit Messire Machin comme le dernier des pouilleux. Il l'injure copieusement et le renvoie chez lui. À qui le chancelier du comté Y vient-il de manquer de respect? Pourquoi?
Il vient de manquer de respect au duc du duché X.En effet, à l'extérieur du duché X, il incarne l'État à la place du Duc. On lui doit alors le respect d'une telle charge (celle d’ambassadeur), il n'est plus simplement lui-même, il est le duché X

2. Messire Machin, ulcéré, rentre chez lui et va en gargote déverser son fiel sur le duc de X, affirmant qu'il est un tyran et que cette guerre est une honte. A-t-il manqué à ses devoirs? Si oui, lequel? Sinon, pourquoi?

Oui. Il a failli à son devoir de réserve, qui consiste à observer une retenue dans l’expression de ses opinions, notamment politiques. En effet, puisque le diplomate représente l'État à l'étranger, il serait malvenu d'aller en critiquer les institutions, ou même simplement les décisions.

Question à développement - 10 points

D'après ce que nous avons vu en classe jusqu'ici, expliquez comment vous développeriez votre réseau de contacts si demain, vous étiez nommé ambassadeur auprès de la Bretagne.

Première chose à faire : se préparer à un long voyage pour la Bretagne.
Deuxième chose à faire : S’imprégner de la région de sa culture , de ses festivités ,ne pas hésiter à y passer suffisamment de temps afin de se faire connaître et apprécier. Prendre contact avec chacun des acteurs importants sans jamais prendre prendre aucun parti et ce quel qu’il soit.. Devenir un habitué des tavernes locales. Boire du chouchen






Passons à présent au point suivant: le diplomate.

Le chef d'État doit entretenir des relations avec les autres chefs d'État, en plus de savoir ce qui se passe au-delà de ses frontières. Or, puisqu'il ne peut pas être partout - et qu'en plus, il n'a pas que cela à faire - il délègue la responsabilité des relations extérieures à un chancelier.

Ce dernier a donc le devoir de veiller à toutes les relations avec les autres États en plus de s'arranger pour être au fait de tout ce qui se passe à l'extérieur qui pourrait être pertinent pour sauvegarder les intérêts de l'État. En cela, le rôle du chancelier est très proche de celui de chef des services secrets. D'ailleurs, une collaboration est nécessaire entre les deux; parfois, il s'agit de la même personne.

En effet, en plusieurs endroits, le chancelier tel que je vous le décris est plutôt appelé chambellan. Ailleurs, la différence est nette entre les deux: le chancelier est responsable de la diplomatie tandis le chambellan est le bras droit du chef d'État, celui qui le remplace en cas de besoin. Par exemple, en Béarn, il fut un temps où j'étais à la fois chancelière, c'est-à-dire que je dirigeais la diplomatie béarnaise et que j'étais à la tête de la chancellerie, et à la fois chambellan, c'est-à-dire que je devais remplacer le comte lors de ses absences, malheureusement fréquentes.

Ainsi, quand on doit s'adresser au chancelier ou au chambellan d'une autre province, il est important de se renseigner au préalable afin de savoir quel rôle exactement on attribue à cette personne dans cette région, ceci afin d'éviter tout imbroglio fâcheux. Pour les besoins du cours, notez que j'utilise le mot chancelier.
Le chancelier ne pouvant lui non plus être partout à la fois, il délègue à des ambassadeurs. Ces derniers sont généralement assignés à un ou deux autres États chacun avec lesquels ils devront entretenir des relations, préférablement amicales bien sûr. L'ambassadeur devient donc le premier responsable des liens qui peuvent être tissés entre deux contrées; il est là pour construire les relations et pour veiller aux intérêts de son État auprès de l'autre
Le chancelier et l'ambassadeur sont soumis essentiellement aux mêmes devoirs et obligations l'un et l'autre, le chancelier ayant en fait délégué une partie de son travail à ses ambassadeurs. Bien sûr, des différences existent mais de façon générale, on peut relever trois devoirs et deux obligations qui s'appliquent à tous les diplomates.

D'abord, le devoir de représentation. En effet, vous vous en rappelez, le diplomate a pour fonction première de représenter son État auprès d'un autre. Cela signifie qu'à l'extérieur de sa province, il incarne l'État à la place de son chef d'État. On lui doit alors le respect d'une telle charge, mais il doit aussi agir en conséquence, avec dignité: il n'est plus simplement lui-même, il est l'État. Son comportement doit donc servir les intérêts de l'État, et non ses propres fantaisies.

Le deuxième devoir est celui le plus souvent trahi car le plus mal compris. Il est pourtant aussi important que les autres; y manquer peut même aller entraîner un procès pour haute trahison, dans des cas extrêmes. Il s'agit du devoir de réserve, qui consiste à observer une retenue dans l’expression de ses opinions, notamment politiques. En effet, puisque le diplomate représente l'État à l'étranger, il serait malvenu d'aller en critiquer les institutions, ou même simplement les décisions. Bien sûr, cela limite quelque peu la liberté d'expression dont tant d'autres aiment à abuser; c'est le prix à payer. Cela ne signifie pas qu'un diplomate ne puisse jamais dire ce qu'il pense! Mais il est si facile et tentant de manquer à son devoir de réserve qu'un diplomate doit redoubler de prudence quand il s'aventure à émettre des commentaires personnels sur l'État qu'il représente.

Ce devoir est parfois confondu avec le dernier, celui du secret: nécessairement, le diplomate manipule des informations confidentielles ou sensibles au cours de son travail. Ces informations peuvent être de toute nature, politique, militaire ou économique, par exemple. Or, il lui est interdit de divulguer ces informations sous peine encore une fois de risquer d'être accusé de haute trahison.
Par ailleurs, un diplomate est soumis à une obligation de présence. En effet, puisqu'il représente son État, il a de lourdes responsabilités à assumer. La moindre des choses est d'être présent physiquement et mentalement, à son poste. Normalement, on exige d'un ambassadeur qu'il fasse rapport à son chancelier à toutes les semaines, afin de permettre un suivi efficace de tous les dossiers, qu'ils soient urgents ou à plus long terme. De son côté, le chancelier est tenu d'être présent tous les jours en sa chancellerie et au conseil, en plus de participer aux différentes réunions ponctuelles qu'il peut y avoir, par exemple dans la coordination d'une défense commune de plusieurs provinces contre une menace commune.

Enfin, un diplomate a une obligation d'information. Il doit se tenir informé de tout ce qui pourrait être pertinent à savoir; il doit en outre transmettre ces informations à ses supérieurs. Retenir des renseignements utiles peut avoir des conséquences très graves! Aussi, plaider l'ignorance n'est pas valable, car s'il est démontré que le diplomate aurait pu sans problème obtenir ces renseignements, il se rend également coupable d'avoir manqué à cette obligation.
celuy doit être très calme c'est-à-dire garder toujours son sang froid. Sa patience est quasi infinie; il est en parfait contrôle de lui-même et de ses émotions.

Bien sûr, avoir de la conversation aide énormément à tisser des relations avec des gens très différents les uns des autres, ce qui lui sera fort utile. Il en va de même pour le sourire charmeur, qui peut par contre s'effacer quand il s'agit de faire une mise au point sérieuse. De l'humour, en effet, cela facilite le tout.

Par contre, un bon diplomate n'est jamais hypocrite. S'il est malhonnête dans ses paroles ou dans ses actes, cela se saura, cela se sentira. Et sa crédibilité en sera irrémédiablement affectée. Non, un bon diplomate est exactement le contraire: il dit toujours la vérité, ou du moins une partie de la vérité. Tout son art consiste à la dire de façon à ce qu'elle soit bien reçue.

D'ailleurs, la diplomatie repose sur une parfaite maîtrise de la langue. La première condition est donc de s'exprimer clairement et simplement, en ayant conscience du niveau de langage que l'on utilise. Souvent, les mots peuvent être interprétés selon plusieurs niveaux: une phrase anodine peut en réalité être assassine, un compliment peut être en fait une injure, un oui peut être un non et un non peut être un "nous verrons". Le bon diplomate doit donc pouvoir jouer avec aisance avec les mots, leurs différents sens et les messages qu'ils peuvent cacher
Le bon diplomate doit faire preuve d'un certain caractère en ce sens qu'il ne doit pas se laisser marcher sur les pieds, car lui manquer de respect, c'est en manquer aussi pour l'État qu'il représente. Par le fait même, il lui faut se comporter avec la dignité requise par un tel rôle.

Être cultivé et intelligent, c'est aussi fort important. Le bon diplomate doit en savoir un minimum sur l'histoire, sur la politique, sur les réalités sociales, enfin sur tous les aspects de la vie afin de pouvoir justement travailler avec intelligence. En cela, la curiosité est tout indiquée: il s'agit de se montrer curieux des choses de la vie, de vouloir apprendre, de s'intéresser aux gens et aux choses pour développer sa culture générale.

Par ailleurs, il est bien sûr impératif d'avoir un excellent esprit d'analyse, un bon sens de l'observation et la capacité à synthétiser l'information. Ainsi, le diplomate peut déceler les mensonges parmi les vérités, arriver à lire entre les lignes, décrypter ce qui se cache dans l'esprit des autres et en retirer l'essentiel de ce qu'il y a à savoir.
Pour ce faire, il doit bien sûr faire preuve d'empathie. Le diplomate ne fait pas qu'écouter ce qu'on lui dit, il fait de l'écoute active: il observe, il questionne et cherche ce que ses interlocuteurs veulent exactement. Nous verrons dans l'année 2 de ce cours comment mener de bonnes négociations mais pour l'instant, je vous demande de retenir que la question n'est pas de savoir ce que vous penseriez à la place des autres, mais plutôt ce que les autres vont véritablement penser.

Vous savez, tout ceci peut vous sembler une montagne mais rassurez-vous: vous pouvez faire un excellent travail en diplomatie sans nécessairement être tout cela. Soyons francs, nous sommes tous humains et nul ne peut en permanence incarner ce diplomate de rêve. Je vous dessine simplement le portrait du diplomate idéal, ce vers quoi tout nouvel ambassadeur devrait tendre pour tenter de s'améliorer.

J'en viens à vous préciser également qu'il n'est pas nécessaire d'avoir déjà une longue expérience de la vie pour être un bon diplomate. Bien sûr, cela aide mais n'est guère un prérequis.
Face à un homologue peu coopératif, il est fort possible de se renseigner ailleurs. En fait, j'irai plus loin: il est du devoir du diplomate de s'informer à toutes les sources qui pourraient être pertinentes, de façon à recouper les renseignements et enrichir ses données par une multitude de détails souvent fort utiles. De surcroît, cela permet également de se libérer d'une version peut-être trop "officielle" des faits, ou même présentée selon le seul point de vue personnel d'un informateur.

Nous verrons tout à l'heure comment procéder mais pour l'instant, je vous demande de vous rappeler qu'un ambassadeur consciencieux ne se contentera jamais d'une seule source d'informations, fût-elle son homologue.
La clé réside essentiellement en deux mots: honnêteté et dignité. Honnêteté, car si vous êtes transparent dans votre travail, que vous démontrez du professionnalisme et que vous tenez vos supérieurs informés de ce qui se passe, les mensonges du chancelier étranger ne feront honte qu'à lui-même. Ensuite dignité, car je vous rappelle qu'en tant qu'ambassadeur, ce n'est pas vous-mêmes qui vous adressez à l'autre, mais votre État. Ainsi, si ce maroufle, visiblement incompétent, vous montre aussi peu de respect, c'est avant tout à votre province qu'il vient de le faire. Et ça, ça ne devrait certainement pas lui attirer la sympathie de votre chancelier.

Vous me direz que cela ne règle pas la question de l'état des relations entre le chancelier étranger et vous... Un regard pétillant. ... et vous aurez raison. Mais parfois, il faut être patient et travailler petit à petit à faire changer les choses ou simplement attendre un changement d'homologue.

Et puis, même si ce chancelier ne souhaite pas coopérer, rien ne vous empêche d'aller chercher vos informations ailleurs.
Justement, j'en viens au dernier point de cette section du plan de cours: le réseau de contacts.

J'ai connu beaucoup de succès en tant qu'ambassadrice dès mes débuts, alors que j'étais fort jeune, à peine arrivée en mon village angevin. J'étais alors plutôt ignorante des choses de la vie comme de l'histoire du monde et des jeux politiques dans lesquels j'étais emportée. Ce qui m'a permis de réussir, c'est non seulement la curiosité que j'ai eue envers ce monde nouveau pour moi, mais aussi bien sûr le professionnalisme dont j'ai fait preuve et surtout, mon souci de connaître à fond les lieux où je devais représenter mon duché.

Cela implique bien entendu de se rendre sur place au moins une fois pour un voyage d'au moins quelques semaines. Le tout ne peut pas se faire à distance, du moins pas au début.

Très présente autant là-bas que dans mon bureau où je devais rendre des comptes, je me suis fait un devoir d'être de toutes les soirées mondaines, de toutes les fêtes villageoises, de tous les rassemblements où je serais susceptible de lier connaissance avec la population locale. Usant de charisme et de belles manières, je suis rapidement devenue la coqueluche des soirées mondaines, en plus de faire le tour des villages pour rencontrer les paysans. Sans jamais me mêler des affaires locales, j'ai néanmoins félicité les candidats lors des élections. Je n'ai négligé ni le Régent d'Angleterre, ni les hauts nobles, ni les humbles roturiers, ni même les mercenaires, tous pouvant se révéler utiles. J'ai entretenu ces relations pour gagner la confiance des gens, usant de patience et de persévérance, et restant toujours honnête sur mon rôle et mes objectifs, ce qui fut apprécié et ajouta à ma crédibilité.
Éventuellement, la qualité et la diversité de mes contacts m'ont permis d'en savoir très long sur l'actualité et les jeux de coulisses, en plus de gagner en influence personnelle, du fait de ma réputation et de mon accès à des informations privilégiées.

Je précise que malgré la transparence dont j'ai toujours fait preuve et qui m'a bien servie, je n'ai jamais publicisé mes contacts afin de préserver les relations que j'avais avec eux. En effet, il faut veiller à protéger ses sources d'information si on veut pouvoir continuer à échanger avec elles; je dis cela dans les cas où ces relations peuvent être controversées, par exemple s'il s'agit d'un mercenaire.

L'important est de toujours rester honnête car si on joue un double jeu, ça se sait rapidement. Il faut donc rester transparent tout en évitant de révéler ses secrets: si on ne peut révéler une source d'information, on le dit, tout simplement.
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jessilisa

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MessageSujet: Re: A Ranger ( Diplomatie )   Sam 6 Avr - 0:28

Devoir 3
20% de la note
À remettre par MP au plus tard le lundi de la 8e semaine, à 23h59


Questions courtes - 6 points

1. Quel genre de charte est le plus courant en diplomatie?
Les chartes les plus fréquentes sont celles établies lors d'une alliance entre deux ou plusieurs États.
2. Quelle est la différence entre le traité et la déclaration?
La déclaration est un outil beaucoup plus souple que le traité. Elle n'est là que pour permettre à l'État de déclarer quelque chose, sans pour autant que ce soit contraignant pour lui ou pour quiconque. Ce n'est donc pas un contrat et il n'est guère nécessaire de tomber d'accord avec un autre État pour signer une déclaration.
3. Comment s'appelle la partie d'introduction d'un traité ?
La partie d’introduction d’un traité peut se nommer préambule.

4. Combien d'idées peuvent être incluses dans un article?
Chacun de ces articles doit contenir une seule idée
5. Qui peut rédiger un traité?
Les ambassadeurs des provinces concernées (avec l’aide de leur chambellan, de leur CAC (traité économique) si besoin est. Ou tout autres conseillers du domaine qu’il faut considérer pour le traité)
6. Qui peut signer un traité?
Les Duc ou les comtes, le chambellan , ou un témoin

Mise en situation - 4 points

Après de longues négociations, le Royaume de X et le Royaume de Y ont signé un traité de non-agression dans lequel chacun s'engage à ne pas reconnaître la souveraineté d'une province que l'autre considérerait rebelle. Or, dans le Royaume de Y, la province de Truc vient de déclarer son indépendance et le Roy de Y est en train d'assembler son ost afin de mater ce qu'il considère comme une rébellion.

1. Si le Royaume de X accepte de recevoir en audience privée le chancelier de Truc, est-ce une dérogation au traité? Pourquoi?
Bonne question. Je n’ai pas réussi à trouver la réponse. Mais je dirais qu’en recevant, le réprésentant de la province rebelle, on reconnaît celle-ci d’une certaine manière. Et donc on se trouve en porte à faux par rapport au traité de non agression où l’on s’engage à ne pas reconnaître la souveraineté de la dite province.

2. Si le Royaume de X déclare publiquement que le Royaume de Y et la province de Truc doivent faire la paix et se propose pour servir de médiateur, est-ce une dérogation au traité? Pourquoi?
Non. Le traité de paix vient mettre un terme à une situation de conflit armé entre deux États. Il est donc ponctuel en ce sens qu'il vient répondre à un besoin immédiat et ne s'applique qu'à un certain moment pour faire cesser une guerre en particulier. Il n’a donc aucun rapport avec le traité de non agression. (sauf ce qui serait malheureux une prise de position du royaume X qui ne risquerait que d’envenimer les choses)


Question à développement - 10 points

D'après ce que nous avons vu en classe jusqu'ici, rédigez une déclaration en supposant que vous êtes le chancelier des Flandres et que l'Artois vient d'attaquer Compiègne.
Etant champenois, il m’est difficile de me mettre à la place du chancelier flamand. ..Même si je sais que Flandres et Artois sont alliés (voir alliance du nord) et sont dans de très bons termes. Je prends volontairement le contre-pied de cet état de fait. .

Faict à Bruges le 9ème jour du moi de mai de l’an de grâce 1458
Nous, Bidule , chancelier des Flandres, en lieu et place de notre bien Duc bien aimé, Machin
Regrettons de voir les agissements belliqueux de nos voisins artésiens en terre champenoises.
Conscient des souffrances auxquelles sont soumises les populations civiles et reconnaissant la pleine souveraineté du duché de Champagne sur la ville de Compiègne, nous condamnons fermement l’incursion de l’Artois en territoire champenois.
Désirant apporter son aide pour une sortie des plus rapides de ce conflit, la diplomatie flamande œuvrera pleinement pour mettre en présence les différentes parties autour d’une table et, commencer tant que faire se peut les discussions nécessaires à la résolution du dit conflit.
Pour les Flandres et les Flamands
Bidule
Chancelier des Flandres
Nous voici rendus à la troisième partie du cours, celle portant sur les outils législatifs du diplomate.

En effet, au-delà du contrôle des informations, le diplomate dispose de certains outils législatifs qui lui permettent de poser divers gestes pouvant largement contribuer à l'accomplissement de sa mission, à savoir la préservation de la paix. Je vous propose trois grands types d'outils qui sont les plus susceptibles de vous servir: le traité, la déclaration et la charte.

Voyons d'abord le traité, document fort connu et usité. Pouvez-vous me nommer quelques exemples de traités parmi les plus courants?
Oui, l'idée de signer un accord est bien sûr de faire en sorte que ce dont on a convenu perdure quelque peu dans le temps, sinon le traité serait en soi absurde. Cependant, avec les changements de gouvernement, il arrive que les politiques extérieures soit complètement revues et, partant, que les traités signés par les prédécesseurs soient rompus.

Par exemple, à l'époque où j'étais ambassadrice d'Anjou, nous avions signé des traités de coopération judiciaire avec chacun de nos voisins. Or, après quelques temps, nous eûmes un nouveau duc qui estimait que les traités de ce genre étaient parfaitement inutiles; il les avait donc tous annulés, provoquant l'indignation des provinces concernées. Ce fut un lourd travail pour les ambassadeurs angevins d'atténuer les effets négatifs d'un tel geste, car la confiance mutuelle avait été ébranlée.

D'ailleurs, peu de temps après, nous plongions dans la guerre d'indépendance de l'Anjou...
Un traité est en fait en contrat signé entre deux États qui s'engagent à en respecter les clauses. En principe, le traité peut donc toucher n'importe quel domaine d'intérêt où les États pourraient établir des accords, que ce soit militaire, économique, politique, diplomatique, social, culturel, ou tout autre qui puisse advenir.

À propos d'un traité, il importe de se rappeler qu'en tant que contrat, il est contraignant. Autrement dit, une fois que les États le signent, ils doivent le respecter. Ce n'est pas optionnel! Cependant, comme vous vous en rappelez, un État est souverain et traite avec les autres États d'égal à égal, et non de façon subordonnée. Cela signifie que si un État signe un traité et décide ensuite de ne pas le respecter, il n'y a pas d'autorité supérieure pouvant venir l'obliger à le faire. Toutefois, en brisant les termes de son contrat, l'État s'expose à une revanche de la part de son partenaire floué. Cela peut aller du simple blâme à une déclaration de guerre, en passant par des représailles commerciales. On ne doit donc jamais signer un traité à la légère.
Un traité se divise généralement en deux grandes parties.

La première, qui sert en quelque sorte d'introduction, est nommée préambule. Ce ne sont pas tous les traités qui en ont un mais il est préférable d'en inclure si vous composez un traité. Il énonce rapidement les raisons qui ont poussé les États à établir ce contrat, les grands principes qui sous-tendent le traité, de même que les autres documents (traités, déclarations ou chartes) qui sont importants à considérer pour comprendre dans quel contexte s'insère le traité en question. Un préambule peut donc ressembler à ceci:


Citation:
Le Duché de X,
Le Comté de Y,
- Considérant qu'ils sont des partenaires naturels de par leur proximité géographique, historique et culturelle,
- Conscients des avantages mutuels qu'ils tirent de leurs échanges commerciaux,
- Convaincus de la nécessité d'assurer la stabilité des routes commerciales pour leur épanouissement économique commun,
- Reconnaissant l'importance d'échanges économiques sains pour la préservation de la paix dans la région,
- Rappelant le Traité de coopération économique qui favorisait les échanges entre X et Y sous le règne du duc Machin,
Conviennent de ce qui suit :


La deuxième partie est le corps principal du traité, là où l'on énonce les articles, qui peuvent être regroupés en sections selon les thèmes visés. Chacun de ces articles doit contenir une seule idée mais peut être décliné en plusieurs alinéas qui développeront cette idée. Par exemple:

Citation:
SECTION I: DE LA COOPÉRATION

Article premier

1. Le Duché de X et le Comté de Y (ci-après les parties) s'engagent à coopérer dans leurs échanges commerciaux.
2. Les Commissaires au commerce des parties sont des partenaires commerciaux.
3. Les villes et villages des parties entretiennent entre elles des liens économiques sains et paisibles.

Article 2

1. Les parties à ce traité s'engagent à commercer entre elles de façon préférentielle mais non exclusive.

SECTION II: DE LA PROTECTION DES MARCHANDS

Article 3

1. Chacune des parties assure la protection des marchands envoyés par l'autre partie lorsque ceux-ci se trouvent à l'intérieur des limites de son territoire.

Il est important de penser à inclure dans le traité tous les éléments susceptibles d'être pertinents pour la bonne compréhension du contrat, comme les limites géographiques et temporelles du traité, par exemple. De cette façon, on évite à tous les mauvaises surprises.

Pour être en vigueur, un traité doit porter la signature et le sceau de chaque chef d'État concerné et celle d'un témoin, généralement le chancelier. Un ambassadeur n'est pas autorité à signer un traité au nom de l'État qu'il représente. Ce qu'il peut faire, par contre, c'est le rédiger et le proposer.

Y a-t-il des questions?













La déclaration est un outil beaucoup plus souple que le traité, car comme son nom l'indique, elle n'est là que pour permettre à l'État de déclarer quelque chose, sans pour autant que ce soit contraignant pour lui ou pour quiconque. Ce n'est donc pas un contrat et il n'est guère nécessaire de tomber d'accord avec un autre État pour signer une déclaration.

Il peut s'agir d'une prise de position à propos d'une situation donnée. Par exemple, si le Duché X décide d'attaquer le Comté Y, le Duché Z peut exprimer son indignation par une déclaration où il condamnera le recours à la violence et appellera X et Y à faire la paix.

Ce peut aussi être un simple vœu d'amitié entre deux États qui souhaitent développer plus étroitement leurs relations sans pour autant aller jusqu'à signer un traité pour ce faire.

Enfin, une déclaration peut être faite sur n'importe quoi à propos duquel l'État souhaite s'exprimer. C'est là un outil simple mais très utile en diplomatie car il permet de lancer des messages clairs à sa population et aux autres États sans que l'on soit contraints par un traité.
Une charte, quant à elle, est une sorte de traité solennel qui établit les fondations d'une structure plus durable. Elle est donc très contraignante car elle est la base à partir de laquelle l'État doit élaborer ses autres traités et déclarations. Vous remarquerez qu'il peut y avoir des chartes à l'interne dans un État, par exemple pour instituer une assemblée de la noblesse dans un pays donné. Dans le domaine de la diplomatie, les chartes les plus fréquentes sont celles établies lors d'une alliance entre deux ou plusieurs États.

La charte doit nécessairement être pensée pour être effective à long terme. Ce serait en effet un non-sens de faire une charte pour quelque chose d'éphémère! Au contraire d'un traité, il n'y a généralement pas de date d'expiration prévue aux clauses de la charte. Pour cette raison et parce qu'elle servira de base à tout le reste, il convient de se montrer très prudent avant de signer une charte. Il faut penser aux conséquences qu'icelle aura à travers le temps et peser chaque mot afin d'être certain que la charte sera fonctionnelle et satisfaisante pour tous.
Est ce que la déclaration est établit de la même manière que le traité c'est à dire avec plusieurs parties ou c'est juste un texte dans lequel un duché ou un comté donne sa position sur quelconque situation ?
Il s'agit d'un texte où un État rend publique son opinion sur un sujet donné. Ainsi, il est généralement émis par un seul État.

Il peut cependant arriver que deux États ou plus se mettent d'accord pour émettre une déclaration commune, s'ils partagent leur opinion sur un sujet particulier. Dans tous les cas, cela demeure une simple déclaration et n'implique aucunement des engagements solennels; il s'agit simplement de lancer un message.
Comme nous l'avons vu, les États peuvent signer des traités sur n'importe quel sujet sur lesquels ils souhaitent conclure un contrat. Néanmoins, certains traités sont plus habituels que d'autres, bien entendu. Vous en avez tous vu ou entendu parler de certains. Chacun a son utilité.

Parlons d'abord d'un traité sur le statut d'ambassadeurs. D'aucuns diront que c'est inutile, que du blabla alourdissant inutilement le travail du Conseil. Sachez que bien que l'utilité d'un tel traité soit moins évidente et concrète que pour les autres, il reste que cela peut certainement servir. Un tel contrat permet en effet d'officialiser et d'encadrer le travail des ambassadeurs avec leurs homologues, en plus de souligner l'importance que l'État accorde à ses relations avec l'autre État. La diplomatie étant, comme la politique, affaire de symboles, c'est là un message important qu'on peut lancer à nos voisins.

Il y a également le traité de coopération judiciaire, qui est probablement le premier à vous être venu à l'esprit. C'est en effet le plus courant et le plus galvaudé. Il s'agir d'établir une collaboration entre les services policiers et judiciaires de façon à arrêter des malfaiteurs qui se seraient échappés. Souvent, les provinces tentent d'en signer avec toutes les autres sans réfléchir à l'applicabilité de ses clauses, notamment si la distance géographique rend difficile les communications. Or, il est pire de ne pas respecter ses contrats que de ne pas les signer dès le départ.

Le traité de coopération économique, de son côté, permet de régulariser certains aspects commerciaux entre les Commissaires au commerce et les maires dans chacun des États. Il peut s'agir d'une simple facilitation de commerce, ou parfois même une entente préférentielle entre les deux. Attention toutefois à ne pas faire de promesses trop contraignantes en ce sens.

Quant à lui, le traité d'amitié peut être considéré comme le point de départ d'une relation plus étroite et durable qui, à terme, pourrait mener à une alliance. En effet, on ne signe pas de tels traités avec tous nos voisins, ce serait absurde. Le traité d'amitié veut donc officialiser un ensemble d'échanges amicaux entre deux États. Encore une fois, la principale fonction de ce traité est symbolique: elle envoie le message d'un rapprochement significatif entre deux provinces.

Enfin, le traité de paix vient mettre un terme à une situation de conflit deux États. Il est donc ponctuel en ce sens qu'il vient répondre à un besoin immédiat et ne s'applique qu'à un certain moment pour faire cesser une guerre en particulier. Il faut faire attention à ne pas inclure n'importe quoi dans un tel traité: il ne s'agit que de ramener la paix, non de conclure d'autres ententes. armé entre Nous verrons dans l'année 2 de ce cours comment éviter les pièges dans la négociation d'un tel traité.
Rappelez-vous qu'un traité ne doit jamais être signé à la légère; chacun doit être soigneusement étudié auparavant. Toutefois, refuser de signer un traité qu'un autre État nous propose peut également froisser ce dernier et créer ce qu'on appelle un incident diplomatique. Il importe de savoir refuser avec tact soit en proposant des modifications au texte de manière à ce que le traité devienne acceptable pour les deux parties, soit en soumettant un autre traité comme alternative, afin de montrer à l'autre que ce que l'on rejette, c'est un contrat précis, non la relation avec lui.

Dans le même ordre d'idées, il faut éviter de s'offusquer si un État décide de ne pas signer un certain traité avec nous. Si l'on respecte sa souveraineté, on lui accorde le droit de prendre ses propres décisions; cela implique de rechercher un accord qui satisfasse les deux parties plutôt que de tenter d'imposer son point de vue.
En effet, bien que ces traités ne soient pas absolument nécessaires pour établir des relations diplomatiques, il vaut tout de même mieux envisager de tels traités afin de commencer avec de solides bases. Cela évite par la suite bien des malentendus et des frustrations.
Normalement, je vous aurais à présent fait étudier deux traités afin que vous vous exerciez à en juger la qualité. Cependant, puisque le temps nous presse et que ce point n'est pas essentiel à la réussite du cours, je vais vous présenter notre dernier sujet avant de passer à la révision. Il sera succinct mais vous aidera à mieux comprendre comment s'articule la diplomatie dans l'espace francophone du monde connu. Il s'agit d'un tour d'horizon des principales institutions diplomatiques.

Nous avons vu la diplomatie au niveau provincial. Il s'agit des différentes chancelleries où la plupart des diplomates commencent leur carrière. À ce niveau, on trouve de nombreux ambassadeurs et chanceliers plus ou moins expérimentés et compétents. Les traités y sont nombreux, trop souvent mécaniques et irréfléchis.

Il y a également un organe particulier en France qui s'occupe de la diplomatie commune de toutes les provinces du Domaine Royal. Remplaçant à l'occasion les chancelleries dans leur prérogatives, le Salon des Diplomates du Domaine Royal permet aux chanceliers et Secrétaires d'État de chacune des provinces du DR de se rencontrer pour organiser ensemble leur diplomatie et leurs communications.

Par ailleurs, il existe plusieurs grandes alliances qui, si elles ne fondent pas nécessairement une chancellerie spécifique à leur union, doivent tout de même être prises en compte dans le ballet diplomatique. En mon temps, j'ai bien connu l'alliance angevino-bretonne, dont les effets se sont particulièrement fait sentir pendant les guerres d'indépendance de ces deux provinces. Depuis, les relations entre les deux se sont considérablement détériorées et l'alliance a été dissoute. Il en va de même, il me semble, pour l'Alliance du Nord, qui a déjà uni la Normandie, l'Artois et les Flandres. Je crois qu'elle a également été dissoute suite à de graves tensions entre ses membres. L'Alliance du Centre, aussi connue sous l'acronyme ADC, fut longtemps crainte pour sa puissance et son unité. Depuis, elle a perdu en force et en cohérence, au point où on se demande parfois si elle existe encore.

Il convient également de connaître l'existence en France du traité Maathis, du nom d'un de mes anciens collègues qui a jeté les bases de ce document. Il s'agit d'un grand traité multilatéral, c'est-à-dire qu'il regroupe de nombreux signataires qui y ont adhéré un peu comme dans une alliance, mais de façon plus souple. Il vise à favoriser la collaboration entre ses parties, en particulier au niveau judiciaire.
Enfin, à la hauteur des royaumes et des empires, nous retrouvons d'autres chancelleries dont la mission est d'assurer le dialogue entre elles; normalement, elles s'occupent essentiellement des affaires concernant les royaumes ou les empires en entier et ne se mêlent pas des affaires provinciales. À ce niveau, nous retrouvons très peu de traités. Toutefois, c'est le dialogue, le réseau de relations, la qualité des informations et la présence intelligente qui priment, contribuant à l'influence totale du royaume ou de l'empire représentés.

Du côté français, il s'agit des Ambassades royales de France, que j'ai largement construites et longuement dirigées, avant de confier cette institution à mon ami et ancien assistant, Val1, qui est désormais Grand Ambassadeur royal. Son équipe est réduite par rapport à une chancellerie provinciale car bien sûr, il n'y a pas autant de royaumes que de provinces.

Enfin, du côté du Sainct-Empire, vous retrouverez la Chancellerie impériale, que je connais malheureusement fort peu. Ce que je puis vous en dire, c'est que la chancellerie impériale a récemment été reconstruite. Feu le duc de Bresse, Leg l'Ancien di Cesarini, avait laissé la chancellerie à l'abandon et donc après bien des soucis, un nouveau chancelier impérial a été nommé. Son nom est Roi-Lézard. L'un de ses adjoints est notre recteur, Sébastien Pirlet. La chancelleri impériale est construite selon le même modèle que les Ambassades royales françaises. La France est l'un de leurs interlocuteurs avec un représentant pour chaque royaume. Il y a des diplomates qui ont la charge de garder le contact, nouer le dialogue avec les pays se dissociant des autres, par exemple la Catalogne ou Valence, bref le travail classique demandé à tout diplomate travaillant pour l'État. Peu de traités ont été signés, à part le traité de non agression avec la France.




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jessilisa

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MessageSujet: Re: A Ranger ( Diplomatie )   Sam 6 Avr - 0:30

Examen final
40% de la note
À remettre par MP au plus tard le jeudi 20 mai, à 23h59


Questions courtes - 10 points

1. Quelle est la différence entre le politicien et le diplomate?
Pour réussir en politique, il faut se montrer passionné afin de rallier le peuple dans un projet commun qui transcendera les vulgaires intérêts individuels. C'est tout l'opposé de la diplomatie, où le sang-froid et la modération dans les propos sont de mise, et où toute passion est à proscrire. Tandis que le politicien doit enflammer les foules, le diplomate doit rester sobre, posé, prudent. Il ne lui est pas permis de perdre son flegme.

2. Quelle est la différence entre le traité et la déclaration?
La déclaration est un texte où un État (parfois 2..) rend publique son opinion sur un sujet donné. Ainsi, il est généralement émis par un seul État contrairement aux traités. La déclaration demeure une simple déclaration et n'implique aucunement engagements solennels; il s'agit simplement de lancer un message.( Un traité est en fait en contrat signé entre deux États qui s'engagent à en respecter les clauses)
3. Quel est le principal pouvoir du diplomate?
Son pouvoir, c'est l'information.

4. Combien d'idées peuvent être incluses dans un article?
Chacun de ces articles doit contenir une seule idée mais peut être décliné en plusieurs alinéas qui développeront cette idée.

5. Qui peut rédiger un traité?
Un ambassadeur n'est pas autorité à signer un traité au nom de l'État qu'il représente. Ce qu'il peut faire, par contre, c'est le rédiger et le proposer.D’autes personnes peuvent le rédiger : le chancelier, le chef d'État ou un Conseiller.

6. Quels sont les deux principes de la souveraineté?
On reconnaît généralement deux principes à la souveraineté
D'abord,Cujus Regio, Ejus Religio: telle la religion du roy, telle celle du pays.
C'est le chef d'État qui décide et lui seul a la légitimité pour le faire. Il possède l'autorité exclusive sur son territoire, même s'il peut s'entourer de conseillers qui auront plus ou moins d'influence, selon les cas.
Ensuite, Rex Est Imperator In Regno Suo: le roy est empereur en son royaume

7. Quelles sont les deux obligations d'un diplomate?
Un diplomate est soumis à 2 obligations : celle de présence et celle d’information

8. Comment s'appelle la partie d'introduction d'un traité?
La première, qui sert en quelque sorte d'introduction, est nommée préambule. Le diplomate a un certain pouvoir que lui confère sa position de négociateur et d'intermédiaire: selon sa façon de présenter les choses, il pourra influencer les décisions prises par le gouvernement.
9. Un diplomate peut-il discuter ouvertement de son travail avec ses amis?
Non. Ou peut-être, mais à condition de faire très attention à bien respecter ses devoirs de secret et de réserve.

10. Quel genre de charte est le plus courant en diplomatie?
Les chartes les plus fréquentes sont celles établies lors d'une alliance entre deux ou plusieurs États.


Mise en situation - 10 points

Examinons deux provinces voisines: Machin, qui est dans le Royaume X et Truc, dans le Royaume Y. Aucune ne fait partie du Domaine Royal. Il y a un traité de non-agression entre les deux royaumes. Or, la province de Machin a envoyé des troupes à la frontière de la province de Truc et lui a pris un nœud qu'elle considère sienne. La province de Truc est scandalisée et considère cette intrusion comme une déclaration de guerre.

1. Le traité de non-agression entre les deux royaumes a-t-il été transgressé? Pourquoi?
Oui. En signant le traité avec le royaume voisin , on considère que celui-ci est souverain sur son territoire.
Le fait de rentrer sur son territoire, c’est renier sa souveraineté (celle de truc) sur la zone géographique sur laquelle il gouverne.
2. La province de Truc a-t-elle raison de dire que sa souveraineté a été bafouée? Pourquoi?
Oui.
Cujus Regio, Ejus Religio: telle la religion du roy, telle celle du pays.
C'est le chef d'État qui décide et lui seul a la légitimité pour le faire. Truc possède l'autorité exclusive sur son territoire, même s'il peut s'entourer de conseillers qui auront plus ou moins d'influence, selon les cas.

3--. L'Ost royal du Royaume Y peut-il venir aider la province de Truc? Pourquoi?
Oui. Le suzerain de truc (qui est son vassal) prend lui aussi des engagements vis à vis de Truc, même s'ils sont moins contraignants (c'est lui le plus puissant des deux, donc il fait moins d'efforts) .Il doit protection à son vassal si celui-ci est menacé.
4. Les diplomates royaux de chaque royaume peuvent-ils se proposer comme médiateurs dans ce conflit? Pourquoi?
Non.
Enfin, à la hauteur des royaumes et des empires, nous retrouvons d'autres chancelleries dont la mission est d'assurer le dialogue entre elles; normalement, elles s'occupent essentiellement des affaires concernant les royaumes ou les empires en entier et ne se mêlent pas des affaires provinciales.
5. Dans les négociations de paix, la province de Machin n'accepte de rendre le nœud qu'à la condition que Truc signe avec elle une entente de coopération économique hautement favorable pour Machin. Le traité de paix doit-il déterminer les clauses de cette entente? Pourquoi?
Non.
Le traité de paix donc ponctuel en ce sens qu'il vient répondre à un besoin immédiat et ne s'applique qu'à un certain moment pour faire cesser une guerre en particulier. Il faut faire attention à ne pas inclure n'importe quoi dans un tel traité: il ne s'agit que de ramener la paix, non de conclure d'autres ententes


Question à développement - 20 points

D'après ce que nous avons vu en classe jusqu'ici, rédigez un court traité de coopération judiciaire à négocier entre Toulouse et l'Armagnac & Comminges.


Traité judiciaire entre le comté de Toulouse et le comté d’Armagnac -Comminges.

Article I:

I-1. En acceptant de signer ce traité de coopération judiciaire, les parties contractantes acceptent que nul ne doit échapper aux procédures légales, ni à la Justice du Duché/Comté.
I-2. Si un citoyen est mis en accusation dans l'une des deux régions, il devra être soumis aux lois et aux coutumes du lieu de son crime ou délit.

Article II - Procédure judiciaire relatif à ce traité.

II-1 Une personne tentant de se soustraire à la Justice du territoire de l'une des parties, elle sera soit extradée, soit jugée en accord par les autorités judiciaires compétentes de la province où elle aura été arrêtée.
II-2 Le jugement “en accord” implique une totale coopération entre les juges et procureurs des 2 comtés.
II-3. L'accusé aura droit à une juste défense. Elle pourra ainsi faire appel à un avocat.



II-4. Accusation sur demande du Duché/Comté tenant juridiction pour le crime commis. Celui-ci fournira au procureur du Duché/Comté jugeant l'Acte d'Accusation ainsi que les preuves contre l'accusé (celles-ci devront être fournies au préalable).
II-5. L'entière procédure sera sous la juridiction primaire du Duché/Comté demandant. Le juge local écrira la sentence en son âme et conscience, mais fournira les motivations de sa décision au Comté demandant. L'accusé sera ainsi jugé en fonction des lois de la province où le crime a été commis.
II-6. Une entière collaboration est requise entre les autorités compétentes afin de garantir un respect mutuel des lois des 2 comtés.
II-7. Tout délit commis dans le Duché, déjà commis auparavant dans l'autre, pourra être poursuivi comme récidive.
II.8. Tout délit pour lesquelles toutes personnes aura déjà été condamnée dans l'une des provinces signataires ne pourra être rejugée dans l'autre province signataire.

Article III: De l’application du traité

III-1. Les différents conseils, représentants leur Duché/Comté ainsi que leur successeurs, dès la signature de ce-dit traité, engagent légalement et pleinement leur Duché/Comté à respecter ce traité.
III-2. Le non-respect d'une clause de ce traité libère l'autre partie de toute obligation jusqu'à ce qu'une compensation ou un accord puisse être trouvé.

Article IV: L'annulation du présent traité.

IV-1 Une annulation unilatérale de ce présent traité en temps de paix doit respecter la procédure suivante.
IV-2. Pour annuler: Une missive du Comte sera adressée à l'autre Comte. Une déclaration officielle et formelle sera alors publiée dans les gargotes respectives et les ambassades.
IV-3. L'annulation ne stoppera pas les procédures en cours dans l'un ou l'autre Comté et jugement sera rendu.
IV-4. Des modifications totales ou partielles de ce présent traité peuvent être décidées par consentement mutuel.

Fait à Toulouse, le 19 mai 1458





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